Deux réformes fiscales clés pour les SARL, adoptées au Luxembourg fin 2025
En décembre 2025, le Luxembourg a adopté deux mesures fiscales importantes qui, bien que distinctes dans leur objet, s’inscrivent dans une même dynamique. Elles traduisent la volonté du pays de rester à la fois pleinement aligné avec les standards fiscaux internationaux et attractif pour l’économie innovante et entrepreneuriale.
Ces réformes concernent, d’une part, la fiscalité des groupes internationaux soumis au cadre du Pilier 2 et, d’autre part, le soutien à l’investissement privé dans les start-ups innovantes.
Un renforcement du cadre fiscal international et de la transparence
La première loi votée met en œuvre la directive européenne dite « DAC 9 », qui organise l’échange automatique d’informations fiscales liées au dispositif GloBE, pilier central du projet international d’imposition minimale des grandes entreprises. Ce cadre impose aux groupes multinationaux concernés de transmettre une déclaration standardisée permettant aux administrations fiscales d’évaluer leur taux effectif d’imposition et, le cas échéant, de percevoir un impôt complémentaire.
Avec cette réforme, le Luxembourg établit une base juridique claire pour ces échanges d’informations entre États et adapte sa législation nationale aux dernières orientations européennes et internationales. L’objectif est double : garantir une transparence accrue tout en offrant un cadre stable et prévisible aux entreprises opérant au Luxembourg.
La loi apporte également des ajustements techniques destinés à faciliter la mise en œuvre pratique de ces obligations et à limiter les formalités redondantes. Elle s’inscrit ainsi dans une logique de conformité, mais aussi de pragmatisme administratif.
Un nouvel outil fiscal pour soutenir les start-ups innovantes
Dans le même temps, le législateur luxembourgeois a introduit une mesure tournée vers l’économie locale et l’innovation. À partir de l’année fiscale 2026, un nouveau crédit d’impôt est accordé aux personnes physiques qui investissent dans des start-ups innovantes répondant à des critères précis d’âge, de taille et d’activité.
Cette mesure vise à encourager l’apport de capitaux privés dans les jeunes entreprises, afin de renforcer leur structure financière et de soutenir leur développement dans les premières années d’activité. Le dispositif est réservé aux investisseurs externes et s’adresse à des entreprises présentant un caractère innovant réel, notamment à travers leurs activités de recherche et développement.
À travers ce mécanisme, le Luxembourg cherche à dynamiser son écosystème entrepreneurial et à favoriser l’émergence de projets à forte valeur ajoutée sur son territoire.
Une lecture d’ensemble : rigueur internationale et attractivité économique
Si ces deux réformes s’adressent à des publics différents, elles participent d’une même stratégie. Le Luxembourg assume pleinement les nouvelles exigences internationales en matière de fiscalité et de transparence pour les grands groupes, tout en mettant en place des mesures ciblées pour soutenir l’innovation, l’investissement privé et la croissance des start-ups.
Cette approche combinée reflète un positionnement clair : dans un environnement fiscal mondial de plus en plus harmonisé et encadré, l’attractivité ne repose plus uniquement sur la fiscalité, mais aussi sur la qualité, la cohérence et la prévisibilité du cadre légal et économique.
